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Mushweshwe

Il était une fois Mushweshwe

 

Organigramme de la Ferme-Ecole

La ferme-école dépendait de l’OPAK :

Office des Produits Agricoles du Kivu.

 

La Ferme-école fut fondée en 1956. Le personnel se composait d’européens

Directeurs :

Hendericks Julien, ingénieur agronome, 1956

Le personnel se composait d’européens . Le directeur, Julien Hendericks qu’on appelait bwana mukubwa, habitait avec femme et enfants au bout de la presqu’il de Shondo.

Il y avait Monique, Willy décédé, Denise, Jacqueline…

D’Hoogh Roger, ingénieur agronome, 1956

Verbeek Norbert, ingénieur agronome

Sous-directeurs:

D’Hoogh Roger, ingénieur agronome

Verbeke Norbert, ingénieur agronome

Mr Lambot, ingénieur agronome

Chef de culture et de la MOI :

De Cock Philippe de 1952 à 1960

Comptables :

Mr Delcommune

Mr Ernotte

Mr Dupont Pierre

Clerc: 

Anselme Mirindi (futur directeur coopté le 30 juin 1960.

Personnel du Mess:

Madame Delcommune

Madame Ernotte

Madame Dupont

Madame Robyns, épouse de colon

 

Principaux centres européens

Birava à 6 km

Goma à 150 km

Bukavu à 50 km

Kabare à 70 km



Principaux prêtres attachés à la messe du dimanche

Les prêtres, Pères blancs, venaient de Katana pour une messe sous abri quand les colons sont devenus plus nombreux. En 1952, nous allions à Katana en voiture pour la messe. C’était une belle promenade, à droite le lac Kivu et à mi-route, les chutes d’eau chaude où les femmes se lavaient et riaient. Elles continuaient ainsi leur route pour l’église. Les femmes avaient un bandeau sur la tête et les jeunes filles une longue crête de coq.

A la mission des Père blancs, il y avait :

  1. le père Colle (80ans, habitant dans l’hôpital de Katana)
  2. le père Devloo, cousin du vétérinaire Devloo d’Ypres
  3. le père Verstegen (2 & 3 cinéastes)
  4. le père supérieur, le père Seynaeve.



Quel étaient les cultes religieux à Mushweshwe ?


         Mushweshwe – Katana : 12 km x 2  =  24 km

         Mushweshwe – Birava :   22km x 2 =   44 km

 

  1.  La majorité des candidats colons étaient de religion catholique. Ils étaient autorisés  le dimanche à aller à la messe à Katana qui se trouvait à 12 kms de la  Ferme Ecole, mais
  2. A pied. Suivant ainsi le bon  exemple des noirs qui se tapaient 15 à 20 km si pas plus

Pour accomplir leur devoir dominical. Mais il faut multiplier par 2, aller et retour.

Un groupe de catholiques fervents (des flamands) faisaient leurs 24 kms. Ils avaient demandé que la Ferme Ecole les conduise en station-wagon, mais Henderickx refusait catégoriquement.

J’ai demandé au Supérieur de la mission, s’il n’y avait pas moyen d’envoyer un missionnaire

Pour dire la messe à Mushweshwe. Mais le Père Seynaeve ( ?) refusait car ainsi beaucoup de

Chrétiens échapperaient à son contrôle. Après moultes palabres, il s’est tout de même décidé à envoyer un bon Père âgé de 75 à 80 ans. Il venait avec une vieille moto Saroléa. Il ne devait

Jamais claxonner tant elle faisait du bruit. Le brave Père ne demandait pas mieux et une table de cours fit bien l’affaire pour officier.

Tout le monde était satisfait. Les candidats colons, les chrétiens noirs et principalement le

Brave père à la barbe blanche.

Un jour, après la messe, nous invitions le Père à partager notre repas. C’était un gai luron et

Il nous a beaucoup fait rire.



Soins médicaux à Mushweshwe

L’infirmier congolais s’appelait Paul Asani et faisait sa consultation tous les matins. Les femmes des ouvriers recevaient les premiers soins : nettoyage et désinfection des plaies, du sirop pour les rhumes, distribution de laxatifs, … Pour les cas graves : ouvriers blessés comme Chiza, Niuroli, et autres, on les envoyait en véhicule à l’hôpital de Katana. Pour les femmes enceintes ayant leurs douleurs prénatales, un véhicule était également prévu.



Katana

 Il y avait deux hôpitaux : un pour les européens et un pour les africains.

Le colorbar existait donc bel et bien au Congo. Il n’y avait que des docteurs

en médecine blancs : Mr Ceuterick, chirurgien originaire d’Ypres, Mr Legrand,

Mr Vasipoulos, Mr Michel Goethals, Mr Gigase, Melle Monique Bonte

(sœur de Cécile Bonte) et Mr Van Gijsel. Les noirs étaient des assistants

médicaux. En réalité, ils avaient fait des études très poussées, mais on

ne voulait pas de docteurs congolais qui auraient du avoir les mêmes droits

et devoirs que les blancs,  pour les assistants agricoles, c’était la même

musique. Ils étaient tout aussi capables que les agronomes blancs,

mais les traitements des noirs étaient beaucoup plus bas.

 

 


 

Qui était Anselme Mirindi ?

Anselme Mirindi était le clerc affecté au bureau de la main d’œuvre.

C’était un gentil garçon, intelligent et travailleur. Il avait de l’ordre

et était très serviable. Marié et père d’une enfant en 1960.

Le matin, il faisait le compte des différentes équipes.

Et toute la semaine, il faisait le calcul des salaires.

 

 

Horaire d’une journée de colon

Le colon-stagiaire était présent à l’appel de la MOI.

A 7 heure du matin, Philippe De Cock distribuait le travail aux colons : surveillance d’équipes, étable, porcherie, élevage de poulets, usine à café, taille des caféiers, germoirs du café, pépinières du café, germoirs de thé, pépinières de thé, jardin, potagers, etc…

L’après-midi, les colons suivaient des cours sur les cultures de montagne (café, thé, pyèthre, quinquina, boisement, comptabilité, langue swahili.

 

La ferme-école aujourd’hui ?

« J’ai appris que la ferme-école avait été reprise par des allemands

(société ou privés). Est-ce que Mme Meurillon n’a pas résidée là

tandis que son mari s’occupait de la ferme ? J’ai appris,

suite à ma lettre à Bizoga, qu’on y faisait de l’élevage et

que Bizoga était boy chez le vétérinaire (directeur).

 

 

 

Les armes des colons

Officiellement, les colons n’étaient pas armés, mais certains parmi eux avaient un fusil de chasse emmené dans leurs bagages venant d’Europe. Officiellemnet, il était défendu de chasser sur le territoire de la Ferme-Ecole. Par contre, les agents étaient autorisés à le faire.

Les colons avaient un sentiment de sécurité, même sans armes.

 

 

Gardiennage de la propriété

Une mûlatresse bien élevée s’occupait à l’occasion des 2 enfants Defraigne à Penge pendant que les deux parents faisaient leurs courses à Bukavu. J’ai toujours pris mes enfants avec moi pour faire les courses.  A un moment, lors d’un petit voyage, Xavier ?, Charlotte et Sabine sont restés chez  Wilberz à Soko.

 

Création de la Ferme-Ecole.

La Ferme-école faisait partie d’une compagnie à Chartre la SAAK. Les 500 hectares ont été détachés pour organiser une école pour les futurs colons belges. Il y avait un ancien colon belge, Raoul Quinet, stagiaire fin de carrière qui habitait dans la vieille maison coloniale de Penge.

De 1950 à 1960, il y a eu 10 sessions de formation à Mushweshwe.  50/51 Loda ?

 

Intégration des noirs

Les noirs de la Ferme-Ecole vivaient dans un camp selon la coutume, dans des huttes en paille. Ils avaient un point d’eau potable installé par le fond du Bien-Etre indigène. Pas d’école pour les enfants. Ces huttes étaient construites en 1 jour par une dizaine d’hommes. Elles avaient la forme d’un igloo d’une diamètre de 3 mètres.

 

Le rôle des femmes noires ?

Le rôle des femmes : taillables et corvéables à merci ! En Afrique, les femmes font les champs : haricots, manioc, patates douces, arachides. Elles approvisionnnent leur habitation (case ou hutte) en eau et en bois. La corvée du  bois est très fatiguante. Les champs aussi, on les voit houer leur champ avec un bébé de 5 à 8 Kilos sur le dos. La source se trouve parfois à plus d’un kilomètre du village. On ne bâtit pas le village près des endroits humides (moustiques,  mouche tsétsé, maringuouins, etc). En plus, elle faisait la récolte du café pour avoir un petit pécule. Elles avaient beaucoup de travail et la lessive en plus, tandis que les hommes allaient à la chasse, battaient les tamtams, abattaient les arbres en forêt.

 

L’exode de Mushweshwe

Le départ des colons s’est fait normalement puisqu’ils ont pu s’installer, ayant réussi leurs examens. Quelques colons étaient encore à la Ferme-Ecole lorsque j’ai quitté. Tous les agents avaient le droit de quitter le Congo.

Comme j’ai failli être arrêté suite à la plainte du fils de Bugabo, j’étais heureusement absent de la Ferme-Ecole. Nous avions reçu l’ordre de dormir à Bukavu, ce que nous faisions tous les jours. Tous les européens de la Cimenterie et les colons de la Ferme-école sont venus en force ce qui a fait reculer les représentants de la loi. Quelques jours plus tard, une jeep s’ammène suivie d’une camionnette. Il y avait une dizaine de personnes. Monsieur le chef de territoire,en costume de ville, m’a serré la main, ainsi que son adjoint qu’il nommait son commissaire politique. Il me fit savoir qu’il désirait questionner un colon stagiaire qui avait volé des pièces sur une voiture qui traînait au tournant de Luhili.

 

Origine des briques

Les briques provenaient de fours à briques faits à Mushweshwe

ou à Birava chez Mr Morel de Westgaver et des briquetteries de Bukavu.

 

Origine des pierres

Les pierres de construction des maisons provenaient d’une carrière

au-dessus des pâturages qui longeaient la route de Kabale à Shondo

(résidence du directeur). On mettait tous les jours une petite équipe

de 6 hommes pour les extraire.

 

 

Types de véhicules aperçus à Mushweshwe

Dodge pour Hendericks

?         pour Verbeke

vw pour Melle Van Suyt

Ford Vedette 52/53 ensuite des vw pour Philippe De Cock

Ford pour l’ingénieur Lambot

Ford pour D’hoogh

Vw pour Dupont *René

Vw pour *Ernotte

 

Réseau routier dans région de Bukavu

Les routes étaient caillouteuses autour de mushweshwe. Dans le centre, elles étaient continuellemnt entretenues par des cantonniers noirs et les nids de poules étaient comblés.  En 1958 (incertain) Bukavu (centre) avait du macadam. On conduisait facilement, sportivement, on rencontrait rarement une autre voiture sur la route, mais il y avait toujours la surprise possible de voir surgir un petit enfant subitment au bord de la route ou une chèvre bondissante. Les croisements se faisaient à petite vitesse car les voiture lâchaient des tourbillons de poussière de terre rougeâtre qui s’estompaient lentement. Les routes de Mushweshwe-Birava-Kavumu étaient en terre. De Kavumu à Bukavu et de Kavumu à Goma la route était asphaltée. De Bukavu à la plaine d’aviation de Shangugu, il y avait une bonne route en béton . Les avenues de Bukavu étaient en dur, béton ou asphalte.

 

 

Véhicules attachés à la Ferme-Ecole

1 Jeep

1 camion Chevrolet de 5 tonnes

2 stations wagons

Chacun avait sa propre voiture.

Une remorque avec citerne pour approvisionner

les abreuvoirs et les citernes en saison sèche.

Un tracteur, un bulldozer , des brouettes.

 

 

Tonte des pelouses

J’ai toujours eu la chance d’avoir (à notre retour de congé) un jardin fait. Les grandes pelouses étaient coupées à la machette au début, puis avec une machine à gazon à couteaux sur cylindre à propulsion manuelle.

 

Saint Nicolas

Il n’y a pas eu de St Nicolas au Mess. A Noël, à Soko en 1955, Bonne maman d’Estaimbourg

Etait avec nous en séjour, nous avons coupé la tête d’un sapin et installé le sapin dans un coin du salon.  A cette occasion, vous avez reçu un jouet et bonne-maman un flacon de parfum venant de Bukavu. Il y avait la fête pour vous trois, mais pas la neige. Pour Xavier, nous avons rendu la journée festive et religieuse comme en Belgique en construisant une crèche en papier gris.

 

Lieu de recherche et d’innovation

La ferme-école dépendait de OPAK à Bukavu et en recevait des visites pour des échanges d’idées. « L’OPAK : « Office des Produits Agricoles du Kivu », organisme parastatal dont dépendait la ferme-école s’occupait de la propagande agricole auprès des colons. A ce titre, elle travaillait en étroite collaboration avec les fermes-écoles de Mushweshwe, de Fatiki et de

Lula.

  1. Mushweshwe , en province du Kivu, territoire de Kabale
  2. Fataki, en province d’Ituri, territoire de Bunia
  3. Lula, en province Orientatle, territoire de Stanleyville

Le domaine de la Ferme-Ecole avait une superficie de 500 hectares comprenant routes, plantations, prairies et brousse.

 

 

Loisirs à Mushweshwe

La chasse pour les perdrix avec papa, une photo témoigne des belles prises ramenées. Ensuite, une promenage l’après-midi de Soko en descendant vers l’étable. Les promenades étaient très agréables avec Janine et ses enfants en séjour chez nous. Si l’occasion se présentait de faire des courses à Bukavu, nous emmenions nos enfants sur une route empierrée. C’était une sortie.

 

 

Production de la laiterie

Du lait, du beurre, du lait battu et du fromage ( ?)

 

Production de la ferme-école

La ferme-école comprenait :

Les cultures :

-          des plantations de café arabica sur les parcelles de Tingitingi, Kashoto

-          Une grande parcelle de thé dans le marais drainé,

-          Une grande parcelle de quinquina

-          Des parcelles de boisement comprenant de l’eucalyptus grandis

-          Une parcellle d’Eucalyptus cérénéi

-          2 hectares de cultures potagères (tomates, chicons, choux-fleurs, radis, salades, asperges, fleurs, bananeraies, parcelle de pilipili entre les bananes.

-          La culture principale du caféier était usinée jusqu’au stade de café parche et était ensuite expédiée à l’usine à café de Goma où le café était déparché et classé en catégories différentes par des spécialistes, dégustateurs, etc… K1, K2, K3 pour Kivu1, 2, 3, etc.. La récolte de café se faisait principalement par les femmes. Elles venaient avec leurs enfants, le petit sur le dos et les grands enfants participaient à la récolte. L’après midi, on nesurait les touques récoltées qui étaitent inscrites dans un cahier et en fin de mois, on les rétribuait.

L’élevage : voici le cheptel de la Ferme-Ecole :

  1. Bovidés

a)      vaches indigènes à longues cornes (10)

b)      Lugware (2)

c)      Jerseyses (12)

d)     Brun Suisse (3)

e)      Taureaux  Jersey (1)

  1. Chevaux : 3 anglo-arabes ( Noyta, RNR et Tornado)
  2. Porcs : noyau de l’élevage

a)      Piétrain 2 femelles (1 mort à l’arrivée, crise cardiaque)

b)      Large White (6 femelles)

c)      Verrat Large White (1)

  1. Poules: premier envoi du Baron de Vinck à Zillebeke: 50 poussins Leghorn
  2. Lapins : 10

 

Le dipping tank

Le dipping tank servait à baigner le bétail dans une solution

arsénicale pour tuer les tiques qui provoquaient des maladies du sang.

Nous avions ainsi perdu beaucoup de têtes de bétail

au début de la ferme-école. Afin de piéger les tiques,

on a commencé par élever des races indigènes plus résistantes

à la maladie et qui récoltaient ainsi les tiques en pâturant

et en ruminant couchées dans les pâtures.

 

Les vivres

Chaque semaine, la responsable du mess (restaurant pour les célibataires et les colons mariés dont les épouses étaient en Belgique) se rendait à Bukavu pour faire l’approvisionnement du mess. Ce furent successivement mesdames Delcommune, Ernotte, Dupont, Robijns et finalement Polischak.

  Madame Delcommune , épouse de monsieur Delcommune, comptable de la ferme-école,

tient le mess en  1952.   Ils avaient une fille unique.

«  Un jour , je vois la fille  (12 – 13 ans) en bikini devant leur maison.  J’ai provoqué

le courroux des parents en leur disant : «  On se croirait à Mushweshwe-plage ! ».

Ceci pour montrer leur largeur d’esprit.

Ils étaient tristes, étriqués et peu appréciés, mais très honnêtes.

 

  Ils ont été remplacés par monsieur et madame Ernotte. Monsieur étant remplaçant de Mr

Delcommune,   madame devint la responsable du mess.   Elle était très gentille et

Fort appréciée par les colons stagiaires.  Monsieur Ernotte était judoka et m’a appris à

Tomber et plusieurs prises de judo.  Elles m’ont servi deux fois et le mouvement de

Hanche m’a évité un coup de poignard.  Ayant blessé mon assaillant, on est venu m’

Arrêter la nuit, mais j’étais à Bukavu car nous avions reçu l’ordre de dormir la nuit à

Bukavu à cause de la rebellion qui se répandait sur tout le Congo.

 

 

  Monsieur Ernotte s’étant disputé avec monsieur Hendrickx,   je me rappelle la dispute,

« Ceci est malhonnête Mr  Hendrickx,  je ne le ferai pas. »  Et il a claqué la porte à

faire écrouler le bureau.

Il a trouvé une nouvelle situation chez ……………… à  Kavumu où il travaillait comme

comptable et comme technicien à la fois . Il avait plusieurs cordes à son arc et se fichait

de son directeur.

 

  Quand à notre grand regret, monsieur et madame Ernotte ont quitté la Ferme école, ils ont

été remplacés  par monsieur et madame Pierre Dupont.

De tous les comptables que nous avons connus,  c’était monsieur Dupont  le plus expert.

Pas très grand, rond et  très jovial.  Il était fort apprécié par monsieur Hendrickx.

Et les samedi soir, le mess était notre salle de cinéma et ensuite notre dancing.

Quand on était assis à la table de Mr Dupont , on ne s’ennuyait pas. C’était une

Atmosphère « Grosses Têtes ». Il racontait l’une blague après l’autre,  maniait les

Calembours, tout coulait de source et on se tordait de rire.  Le tout était arrosé de moultes

Pintes de bière avec ce grand avantage que de ce temps-là, on n’avait pas encore inventé

L’alcooltest et que la police routière n’existait pas.

Madame Ernotte, bonne, gentille et honnête fut remplacée par Mme Dupont qui prouva

Son savoir-faire.

A partir de ce moment, le mess  a gagné en qualité car Pierre (Dupont) le comptable

Avait beaucoup d’influence sur Mr Henderickx  et  Mme Dupont n’était pas femme

A se laisser  intimider par Bwana Mukubwa.

A ce moment, les candidats colons (C.C.) ont été autorisés à venir à Mushweshwe avec

femme et enfants. De ce fait, le nombre de célibataires avait fort diminué.  Il restait plus

Ou moins une douzaine de colons à nourrir, ce qui rendait la tâche de la gérante du mess

Beaucoup plus facile et ce qui nécessitait moins de boys.

Les « C.C. » appréciaient beaucoup Mme Dupont . Malheureusement elle contracta un

Cancer. Avec Mr  Dupont et Melle Vansuyt, nous avons veillé toute la nuit Mme Dupont

Agonisante. Le matin, vers  7 h,  elle a donne le dernier soupir. C’est très dur à gérer.

Après le décès de Mme Dupont,j’étais mort de fatigue. Mais pas question de me reposer.

En Afrique, on enterre les morts le jour de leur décès. Par conséquent, l’enterrement a eu

Lieu l’après-midi. Il faisait une chaleur torride. Une longue file de voiture suivait le

 

Corbillard  dans une nuage de poussière tourbillonnante.

Arrivés au cimetière, la cérémonie eut lieu et fut très courte. Elle était forte et belle, en

Peu de temps, elle nous quitta en laissant son mari triste pour la première fois.

 

  Et il fallait une remplaçante, elle était sur place. Son mari, Mr Polichak (polonais) était

agent d’entretien pour la mécanique. Un être bizarre mais compétant et très vantard.

Sa femme était encore belle, dans la quarantaine, et avait été  Reine de beauté ( Miss

De je ne sais quoi ). Elle remplaça Mme Dupont et donna satisfaction. Mais elle n’est

Pas restée longtemps. Son mari aimait beaucoup parler du tunnel sous la Manche et

Son grand souhait était de pouvoir contribuer à la percée du tunnel en qualité de

Technicien.

Il était très nerveux et , un beau jour, il descendait le C.A. en voiture à  une allure

Excessive et happe un pauvre gosse de trois à quatre ans, blessé à la tête et à la

Bouche par la collision. Le Docteur Ceuterick n’était pas content qu’on le dérange et

Accusait la Ferme Ecole de tous les maux. Heureusement, l’enfant a échappé à la

Mort et s’est rétabli.

Rentrés de Katana, Mr Dupont, Mr Henderickx, Madame Polichak et moi parlions

De l’événement quand  Mme Polichak s’absentait un moment pour s’occuper de la

Cuisine.

Cinq minutes plus tard, elle revint affollée en criant : «  Mon mari s’est suicidé

Du coup, ce fut une course vers la maison où gisait Jean Polischak, le révolver à son

Côté et la chemise couvrant la plaie à l’endroit du cœur, maculé de sang.

Je pensais en moi-même « quel c.. ». Et quelqu’un lui prit le pouls qui battait

Encore, levait la chemise, qui n’était pas trouée alors que la balle avait transpercé

Le sein gauche, formant un petit tunnel.

Nous l’avons transporté immédiatement à Katana,  2ème urgence de la journée.

Mauvaise humeur de Ceuterick, finalement soulagé que ce n’était pas grave.

Mais Polichak resta en observation..

En rentrant, nous étions soulagés et c’était le moment de blaguer un peu.

Le brave Jean rêvait du Tunnel sous la manche, eh bien, il l’avait son tunnel sous la

Manche. La balle est entrée dans la chair et est sortie par la manche de sa chemise.

Exemple à ne pas suivre : « Le révolver n’était pas le sien, mais celui

De  Mr Ladrière, comptable ad intérim. »

 

 

 

 

Production de café et de thé

Production de café : café arabica, usinage par voie humide. (voir les livres sur les cultures tropicales écrits par Marcel Van den Abeele, cousin germain de mon père et qui était « administrateur général au Ministère des Colonies ». Un jour, nous avons reçu sa visite à Mushweshwe en compagnie du directeur général de l’Office des Produits Agricoles du Kivu (OPAC). Il a demandé à me voir et est venu chez nous, pas longtemps, mais c’était gentil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rendements : au moment de la reprise de la plantation qui faisait partie de la société (SAAK) tout était à refaire car tout avait été laissé à l’abandon depuis des années : sarclage des plantations, taille de haies de leucaena,  élagage des arbres d’ombrage dans les plantations de café (leucaena et erythine). La première année, cela ne rapportait rien. Il a fallu naturellement faire une taille drastique et progressivement, suite aux méthodes culturales adéquates, la production est passée de 300 kg à 1000kg ha.  Au début, on travaillait dans la vieille usine « SAAK », mais après, grâce à la construction de la nouvelle usine, nous avons amélioré fortement la qualité du café.

 

 

Qui était Sacré ?

C’était le clerc du bureau de la comptabilité. Il habitait entre le magasin à outils et la menuiserie. Il avait épousé une mulâtresse et avait 7 ou 8 enfants. La maison était beaucoup trop petite. « C’était scandaleux ».

 

Le carnet de chèques

Les petites « Ladrière » filles du comptable étaient venues passer l’après-midi avec Sabine et Hubert , encore au parc. L’ainée, en admiration devant ce bébé blond, demande à Sabine : « Tu  veux bien me donner ton petit frère, mon papa donnera un chèque à ton papa ».

Pour les boys, nous avions un peu d’argent. Nous avions le boy de la cuisine pour le pain, le boy du nettoyage de la maison et du repassage. Par la ferme-école, un jardinier coupeur de bois et qui s’occupait de la pompe à eau.

 

 

Archives sur Mushweshwe

Les films de la RTB et BRT

Les 8 mm de Mr D’Hoogh

Les 8 mm de Mr De Cock

 

Congé

Ceux qui partaient en congé pour 6 mois sans être sûrs de revenir, revendaient l’une ou l’autre chose (savons, farine, pommes de terre, etc…) Vu les distances pour le ravitaillement, les maisons étaient équipées d’une réserve.

 

Horaire d’un travailleur noir

Le matin, Mr De Cock était toujours à l’appel de 7 heure. Il y avait un capita-chef : Dominique Bugabo. C’était un brave homme énergique et honnête. Il dirigeait les capita : Muroli, Busole et Lwerikine.

La journée de travail était de 8 heures, mais tout se faisait à la tâche. Les caféiers occupaient 7,5 m2 par caféier. Le sarclage dépendait de l’état de la végétation.  Au départ d’une équipe destinée au sarclage, je donnais une trentaine de caféiers. Quand je faisais mon tour d’inspection, j’ajustais la tâche en faisant trvailler un bon ouvrier devant moi pendant 10 à 15 minutes et j’ajustais la tâche pour un travail continu de 6 heures. Il recevait ainsi 2 heures pour boire un coup, respirer un peu. Et lorsqu’il avait fini le nombre de caféiers convenu, il pouvait rentrer chez lui vers midi, 1 heure ou plus tard,  le travail étant accompli. Les travailleurs étaient motivés.

 

Les espèces d’oiseaux en liberté dans l’espace idyllique de Mushweshwe

Les pic-bœufs, les tisserands, les grues couronnées dont Mr André Meurillon fit l’élevage après l’indépendance à Mushweshwe, les gobe-mouches, les moineaux, les engoulevents,

Les cormorans, les buses, les hirondelles, les cardinals, les bergeronnettes.

 

 

Les conditions de vie du colon dans les années 50

 

La  cuisine

Comme on dit maintenant, « nous n’avions que de bon produits ». Faire la cuisine ou la commander était un plaisir. La cuisine était construite sur le côté de la maison avec une sortie sur la barza. Le feu en fonte était simple et chargé avec du bois d’eucalyptus. Bizoga faisait bien la cuisine et parfaitement le pain et le cramique aux raisins ou au sucre. Mirindi faisait la lessive et le repassage. Mugabo, ouvrier de la parcelle coupait le bois et pompait l’eau. Nous avions une citerne d’eau de pluie pleine. Pour l’eau de source, Mugabo allait la chercher avec une dame-jeanne à la source.

Nous avions un pêcheur qui s’appelait Munege et il nous apportait toutes les semaiens du poisson frais, mais uniquement du Tilapia. C’est un poisson délicieux que nous avons toujours apprécié.

 

La boucherie

On abattait les vaches avec un révolver. Un jour, j’ai raté mon coup. J’ai vite été cherché une autre balle de révolver à Soko. A mon retour,  l’animal était toujours maîtrisé. Cette fois-ci, il est tombé instantanément au second coup de révolver. Je n’ai plus jamais voulu le faire.

 

L’eau

Chaque ménage avait de l’eau potable qui arrivait le matin dans une dame-Jeanne sur la tête du jardinier. Elle servait pour la cuisine et pour la salade. Par prudence, on y mettait un peu de permanganate ou de chloramine.

L’eau courante était installée dans les salles de bain. Pour la cuisine, la vaisselle, etc… un robinet se trouvait sur le mur à l’extérieur de la maison et l’eau était chauffée dans une bouilloire en tonneau. A Soko, l’eau chaude était amenée par seau à la salle de bain. A Penge, il y avait un énorme puit où grouillaient les grenouilles.

 

 

L’électricité

L’électricité était fournie par un groupe électrogène qui alimentait le mess,  le centre d’accueil (CA) et les maisons toutes proches (Dupont).

A partir de la session, il y a de l’électricité dans les lieux suivants :

  1. Mess
  2. CA (Mr et Mme Krasniansky)
  3. Usine à café
  4. Pavillons des colons
  5. Bureaux, ateliers (forge, menuiserie)
  6. Maisons des agents d’Etat

a)      Directeur Hendericks

b)      Sous-directeur D’hoogh

c)      Chef de culture et de la MOI, De Cock

d)     Travaux techniques De Bilde

e)      Comptables : Mr et Mme Dupont, Delcommune, Ernotte

f)       Régente ménagère : Melle Van Suyt

Le groupe électrogène ne suffisant plus, il a été décidé de constuire un barrage en haut du village de Luhili et d’installer une petite centrale électrique eau bas du village de Luhili. Monsieur Henderikcs s’en est occupé et a pris des risques énormes avec les colons stagiaires et la MOI,  heureusement, sans accidents majeurs. Il a fallu crueser jusqu’au bedrock et remplir le tout d’argile en dammant bien fort. A la main, un vrai travail de pionnier, mais Henderiks a tenu bon et est arrivé à ses fins. Après des mois de travail (ou des années), on a installé une conduite forcée et un générateur d’électricité. Il a fallu aussi installer au moins 5 kml de cables, ce n’était pas une mince affaire. « Je me rappelle d’une fuite d’électricité qui a été découverte par les réactions des vaches qui se rendaient aux pâtures du marais assaini, quand elles traversaient la terre humide électrisée. Finalememnt, la lumière électrique sonna le glas des lampes à pétrole Coleman.

 

 

Le pétrole et l’essence

En 1952, à notre arrivée, à  la 1ère maison coloniale de Penge, le combustible était le pétrole, indispensable pour notre lampe d’éclairage Coleman et surtout le frigo (règlage et nettoyage toutes les semaines). Les frigos fonctionnaient avec du pétrole contenu dans un réservoir triangulaire placé en dessous. Le réservoir était fermé par un bouchon avec une mèche protégée par un cylindre en verre (pour notre contrôle) qui chauffait un long tube, une carotte frigorifique.

Pour l’essence, on s’approvisionnait à la Ferme-école et en cours de route à Kavumu et à chaque  voyage à Bukavu, on faisait le plein de carburant avant de rentrer à Mushweshwe. La voiture était pourvue d’une réserve d’essence à débrayer pour une espèce de clenche. La voiture emportait un jerrycan en permanence.

Des fûts de 200 litres d’essence venaient de Bukavu.

 

Débarquement de briques acheminées de Bukavu par péniches