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DISCOURS DU GENERAL PETILLON  

Discours du Gouverneur Général Pétillon à l’ouverture du Festival du Kivu (1953)

 

Excellences,

Mesdames,

Messieurs,

 

Il y a 25 ans, comme vont le commémorer diverses manifestations quelques pionniers prirent conscience des possibilités que le Kivu offrait aux hommes entreprenants et courageux.

 

Et voici qu’aujourd’hui ces mêmes hommes veulent, avec ceux qui ont suivi leur exemple, présenter un bilan collectif, une synthèse vivante, concrète et imagée de leurs réalisations.

 

Je m’associe, Messieurs, aux sentiments que M. de Bève vient d’exprimer à l’adresse des promoteurs de ce festival. Ils se sont imposés une tâche difficile dont la grande utilité est évidente. J’ai la conviction qu’après l’avoir accomplie dans l’enthousiasme, ils pourront en concevoir une grande fierté et trouver, dans nos approbations unanimes, notre intérêt et notre plaisir, une large part de leur récompense.

 

Je veux aussi et surtout dire à ceux qui sont fait, dans la vie de tous les jours pendant ce quart de siècle, les artisans des œuvres imposantes  dont le Festival n’est que l’expression, le sentiment d’admiration qu’elle suscitent. On peut comprendre l’attachement des habitants du Kivu à cette terre qu’ils ont fertilisée et enrichie : pour avoir fait tant de choses c’est légitimement  qu’ils revendiquent de pouvoir y vivre en paix eux-mêmes et leurs descendants.

 

Je vous ai, il n’y a guère, encouragés à refaire, à la lumière des expériences récentes, l’inventaire des ressources qui peuvent être considérées comme permanentes et celles, d’autre part, qui ont un caractère spéculatif, subordonnées qu’elles sont à des moments que nous ne contrôlons pas. Vous ne pouviez mieux répondre à mon vœu que par la Foire que nous inaugurons.

 

C’est en cela que ce Festival vient à son heure. Il témoignera à la fois d’une vue réaliste et dynamique des choses, d’une compréhension raisonnée du caractère vulnérable de notre économie telle qu’elle apparaît sur ses assises actuelles ; il sera aussi l’expression de la confiance que vous proclamez à juste titre dans ses vastes possibilités d’adaptation et de perfectibilité ; il montrera votre souci de rechercher, par une technique appropriée, les moyens de réaliser un meilleur et plus rapide développement même au pris, s’il le faut, d’une profonde reconversion des activités que les circonstances commanderaient.

 

Le Kivu, autant sinon davantage que les autres régions de la Colonie, n’a que de bonnes raisons de s’industrialiser.

 

M. de Bève a rappelé qu’il convenait de se préoccuper au plus tôt des inconvénients que crée son éloignement des océans et sa situation excentrique par rapport aux voies naturelles de communication. Vous savez que nous sommes décidés à y porter remède et que déjà nous sommes entrés dans la voie des réalisations. D’aucuns ont manifester des signes d’impatience. Je les comprends ; la question est d’importance.

 

Mais c’est parce qu’elle est d’importance qu’il ne peut s’agir de recourir à des solutions hâtives dont ont s’apercevrait après coup qu’elles n’étaient pas les meilleures. En vérité, la difficulté est souvent que les solutions définitives et à plus longue échéance ne permettent généralement pas de parer aux besoins immédiats.

 

Qu’on ne se méprenne cependant pas : nous gardons le souci de l’immédiat. C’est pourquoi nous venons par exemple, en accord avec la Compagnies des Grands Lacs, d’arrêter diverses mesures qui nous permettront d’améliorer la liaison Kivu, Maniéma-Stanleyville, par rail et eau, en assurant une meilleure coordination et une plus rapide rotation du matériel.

 

Quant aux solutions définitives don je parle, il s’agit –ne l’oubliez pas – de vastes réalisations. Pour les mener à bien, nous avons fait appel, vous le savez, au concours de bureaux d’études techniques dont le personnel est à pied d’œuvre. La prospection générale de l’axe Stanleyville-Bukavu est pratiquement terminée et les levés topographiques sont largement entamés. Il n’est pas téméraire de considérer que, dans un avenir proche, Bukavu sera à un jour de distance de Stanleyville.  Les travaux d’études de l’axe Elisabethville-Buvau-Aba, se poursuivent et l’adjudication du tronçon Uvira-Bukavu va, dans ces tout  prochains jours, être attribuée définitivement.

 

Nous nous préoccupons, d’autre part, de remédier à l’insuffisance de nos bases  portuaires à l’étranger ; une mission technique opère à Kigoma et des travaux sont en cours à Dar-es-Salaam pour la construction d’un quai en eau profonde.

 

Qui, par ailleurs, songerait à méconnaître l’importance des programmes d’électrification ? Nul plus que moi ne voudrait pouvoir proclamer, en cet instant, que les plans sont au point et que nous posons demain la première pierre du premier barrage ! Mais on n’engage pas à la légère des milliards. Si l’on adresse parfois à l’Etat le reproche de faire des dépenses inopportunes – encore suis-je décidé, je l’ai dit, à ne point m’y exposer – ce ne peut pas être à propres de cette vaste entreprise d’électrification. Le Gouvernement, Messieurs, prendra la responsabilité d’entamer le travail – et il l’entamera alors hardiment –  dès que les techniciens auront démontré la solution qui   – objectivement – convient.  Il nous est permis de croire que ce sera bientôt.

 

En  bref, nous sommes pressés de mettre en œuvre les programmes que, dans de nombreux domaines, le Plan Décennal et notre plan général d’action prévoient pour ce pays.

 

Tout cela  qui s’accomplira simultanément aura des répercussions profondes sur la vie économique de la province. Mais l’adaptation aux contingences nouvelles de demain ne peut se faire au hasard des circonstances. Aussi ne puis-je qu’approuver et encourager les plus diligents d’entre vous qui déjà songent à élaborer, dans le vaste cadre des projets arrêtés, des programmes rationnels de reconversion et d’expansion.

 

La Foire Commerciale s’inscrit dans cet ensemble comme un départ : il est nécessaire, lorsqu’on veut faire œuvre d’une œuvre durable et diminuer les risques d’erreur, de prendre conscience de ce que l’on sait déjà et d’en faire la synthèse ; puis, sur les bases acquises, repartir de l’avant. C’est ce qui se fera ici. La confrontation de l’offre et de la demande, des réalisations et des lacunes, des choses aléatoires et des desseins précis, des réalités et des utopies conduira, j’en ai le ferme espoir , à des  résultats tangibles.

 

Je joins mes remerciements à ceux que M. de Bève a exprimés, il y a un instant, à l’adresse des exposants belges et étrangers. Leur seule présence ici montre assez l’intérêt qu’ils portent au marché congolais et la confiance qu’ils ont dans son développement futur. Par ailleurs, je souhaite à la mission que nous délègue la Fédération des Industriels Luxembourgeois une fructueuse prospection et un agréable séjour parmi nous.

 

J’ai éprouvé, Messieurs, un vif plaisir en apprenant que vous consacriez au Ruanda-Urundi une des journées de votre Festival. J’y suis sensible parce que  - vous ne l’ignorez pas – j’ai gardé de ce pays, semblable au vôtre sous bien des aspects, une grande nostalgie. Celle surtout de n’avoir pas pu,  comme je l’aurais voulu, poursuivre mon dialogue avec ses populations pour l’examen des moyens les meilleurs de les conduire vers le bonheur. Mais le dialogue peut et doit reprendre sur d’autres plan car les temps pont venus où, dans les discours, il faut s’adresser aux populations indigènes dans une langue directe que les représentants sont, de jour en jour, mieux à même de comprendre et de l’admettre.

 

Je voudrais leur déclarer d’abord que, quelles que soient les apparences, rien de ce qui se dit et se dira ici, rien ce de qui s’est fait et de ce qu’ils verront ne doit leur être étranger.

 

Sans doute, sautera-t-il aux yeux que la Foire n’est pas leur œuvre. La conception de synthèse qu’elle implique, le génie d’organisation qu’elle dévoile, la capacité de labeur dont elle témoigne, la volonté opiniâtre de réussir dont elle est l’aboutissement, tout cela est l’apanage de ceux sans qui ce pays serait toujours une région isolée de belles montagnes et de lacs léthargiques.

 

Ce qu’ils verront les étonnera. Non par réflexe de surprise mais parce que la déconcertante abondance, la surprenante diversité des choses qui seront exposées, dans un cadre de haut goût et des stands suggestifs, devra, s’ils réfléchissent, les  convaincre, une fois de plus, du talent éminent de l’homme européen.

 

Quelle leçon, mes Amis, pour vous, une nouvelles fois.

 

Ne voyez pas surtout en cela – certains d’entre vous pourraient s’y sentir enclins – une vaste manifestation de vanité ; Il s’agit  au contraire, d’une entreprise sérieuse et concertée, dont la réalisation réclama, avant tout, du souci et de la peine, et qui, sous les apparences éphémères, vise à des résultats concrets. Dans deux semaines, il ne restera rien de tout ce que vous aurez vu et, à l’inverse de ce que vous pourriez croire, c’est alors seulement que les vrais actes commenceront qui tous tendront à un but unique : équiper et enrichir ce pays.

 

Or, ce pays c’est le vôtre ! Allez-vous continuer longtemps encore d’y vivre un peu comme des étrangers qui regardent les autres le transformer ?

 

Vous savez d’expérience que le Gouvernement ne se fait pas faute de rappeler à ceux qui le méritent leurs devoirs à votre égard ; vous savez qu’il accomplit avec scrupule sa missions tutélaire, n’hésite jamais à combattre et à réprimer les abus ; qu’il pratique une politique d’efficace et continu progrès social.

 

Mais il ne faudrait pas que son action apparaisse comme étant inspirée de préoccupations en quelque sorte partisanes : celles de vous favoriser coûte que coûte quelques que soient vos négligences et votre mauvais vouloir. Ce serait non seulement injuste mais contraire à son devoir d’éducation envers vous.

 

De tous côtés on vous appelle, de toutes parts on vous exhorte. M. de Bève vient de vous dire, parlant au nom des industriels, commerçants et colons du Kivu, qu’un de leurs grands soucis est de vous aider à élever votre standard de vie et à améliorer votre pouvoir d’achat ; qu’ils désirent vous inculquer la nécessité de l’effort ; que votre collaboration élargie entre eux et vous doit être l’un des points essentiels des programmes de demain.

 

Tout ceci est clair et ne couvre aucune équivoque. N’y restez pas sourds.

 

Voyez ce que font pour vous, depuis tant d’années, l’Etat, les missions, la plupart de vos employeurs. Je suis las quant à moi de l’énumérer et m’en abstiendrai aujourd’hui.

Je préciserai seulement ceci : c’est que, lorsqu’il y a un instant, je rappelais les projets inscrits au Plan Décennal et concluais en disant que leur réalisation aurait des répercussions profondes sur la vie économique de la Province, je pensais à vous et à la volonté que vous devriez avoir – comme on vient de la souhaiter – de « vous intégrer dans le circuit économique ».

 

Or, on ne s’intègre dans une économie élevée qu’à conditions d’en respecter les lois.

 

Je passe pour vous aimer et c’est vrai. Mais la sympathie profonde, sincère, spontanée que j’ai pour vous ne peut m’empêcher de me révolter quand vous adoptez, comme c’est trop souvent le cas, l’attitude du quémandeur qui s’imagine que tout lui est gratuitement dû et dont les exigences, par ailleurs, n’ont d’égales que l’insouciance et l’idolence.  Je l’ai dit déjà et m’excuse de le redire encore pour atteindre la masse – par delà les meilleurs d’entre vous qui de plus en plus nombreux ne méritent déjà plus de reproches - : la loi du commencement du monde « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » s’applique à tous les hommes de la terre. Beaucoup d’entre vous ne seraient-ils pas des hommes. Des hommes désireux de s’élever eux-mêmes, leurs enfants et leurs frères. Si oui, il faut qu’ils changent leurs méthodes et leurs habitudes. Il faut qu’ils se mettent à puiser largement aux sources d’instruction, d’éducation, de formation, d’élévation qu’on ouvre à profusion autour d’eux. Il faut qu’ils cessent d’être des envieux qui revendiquent les avantages de ceux qui travaillent en même temps qu’ils fuient le travail. Comment voulez-vous que l’Etat exige de vous employeurs un traitement généreux à l’égard de travailleurs sans conscience. Comment voulez-vous que les autorités s’opposent aux contrats que dans certaines régions, vous concluez dans l’intention évidente de vous soustraire aux obligations, jugées trop lourdes, du contrat de travail et aux mesures de divers ordres que le Gouvernement a prises pour assurer une plus grande efficience économique, éviter les gaspillages de main d’œuvre et, dans le même temps, aider à votre formation et à l’éveil de votre conscience professionnelle ? Sans doute, ces contrats les faites-vous avec des employeurs plus éclairés que vous ; mais le moins qu’on puisse dire d’eux est qu’ils font bon marché de leur devoir d’éducateurs et de civilisateurs.

 

Heureusement, ils ne sont que quelques uns. Car, mes Amis, c’est un bonheur pour ce pays et ses populations que la très grande majorité des européens qui s’y sont établis à demeure soient sincèrement animés de la volonté de collaborer avec vous, de vivre avec vous sur un plan progressif d’égalité et, pour y parvenir, de vous élever à eux.

 

De sorte que, plutôt que d’avoir à vous plaindre –  comme le font à tort ou à raison les indigènes d’autres régions africaines – de l’installation dans le pays d’entreprises et de colons européens, vous avez,  au contraire,  de fondamentales raisons de vous réjouir de l’enrichissement qu’ils vous apportent – dans le sens le plus éminent du mot et de la possibilité qu’ils vous offrent, par un contact constant, d’accéder à une civilisation à laquelle beaucoup d’entre vous déjà aspirent.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Tout récemment encore ; rendant hommage aux héros qui reposent dans cet émouvant mausolée de Tongoni, en ce vieux coin de cette jeune province, je rappelais que les temps de la conquête pacifique et des hauts faits d’armes étaient révolus, que ceux de l’expansion économique et de la justice sociale étaient en cours et que nous devions maintenant songer aux années qui sont devant nous, au cours desquelles devront s’harmoniser les rapports humains et se constituer une société nouvelle. Cette cité euro-africaine, je le dis aux européens plus encore qu’aux africains, il est urgent que nous la constituions  – non pas nécessairement dans les textes –  mais, dès aujourd’hui, dans vos relations justes et confiantes de tous les jours.

 

C’est là, Mesdames, Messieurs, notre but à la fois immédiat et lointain et c’est par cela que se marquera notre attachement à cette terre altière du Kivu.

 

De cet attachement, vous nous avez fourni des multiples témoignages. J’en vois un, parmi cent autres, dans l’ardeur et l’insistance que vous avez mises  - comme en beaucoup de choses d’ailleurs ! – à obtenir de l’Administration qu’elle restitue à votre belle cité son nom indigène – BUKAVU -. J’ai le plaisir de vous annoncer officiellement qu’à compter d’aujourd’hui il en sera ainsi. Le Roi vient de signer l’arrêté qui consacre votre souhait.

 

Mais il ne faudrait pas que des gens peu avertis se méprennent sur la portée de ce geste. Aussi, pour perpétuer la mémoire du grand commis de l’Etat indépendant que Paul Costermans, l’un des principaux squares de votre ville portera désormais son nom.

 

Cette pathétique figure d’officier belge mérite sans conteste de conserver dans notre histoire une place d’honneur. Doué d’une extrême sensibilité, d’un extraordinaire dynamisme, Costermans déploya au Congo une activité presque surhumaine. Sans omettre la part qu’il prit dans la création de nos voies de pénétration et la remarquable énergie qu’il déploya dans l’administration du Stanley-Pool, il faut rappeler que  son titre de gloire le plus grand est celui qu’il acquit, dans ces régions, en mettant un terme à la progression de l’administration allemande en territoire congolais.  Sa prompte exécution des ordres du roi Léopold II arrêta les visées d’un voisin contre lequel trop souvent la Belgique allait devoir combattre mais à qui, pour une fois, les démonstrations de force d’un officier résolu en avait imposé.

 

Il convient qu’au moment où l’on embrasse du regard l’œuvre accomplie, hommage soit rendu à ceux qui en ont jeté les bases : Paul COSTERMANS est de ceux-là.

 

Et n’est-ce pas une belle raison d’espérer que de constater qu’on a toujours trouvé ici les hommes qu’il fallait au moment qu’il fallait ? Vous n’avez pas rompu cette tradition.

 

Aussi est-ce avec une confiance totale dans son succès que je déclare ouvert le Festival du Kivu.

 

                                                                                      IMPAKIVU (Centre Afrique)

Retapé par Xadeco de Mushweshwe. 2006

Pour les Bukaviens et spécialement Innocent Matabaro

Réflexions d'un congolais qui n'a pas connu la période coloniale

L’ELEPHANT ET LA PUCE.

 

Histoire du Congo :

 

Congo pré-colonial : (avant 1867)

En 1482, les Portugais qui reconnurent l'embouchure du fleuve Congo révélèrent à l'Europe l'existence d'un «royaume de Kongo».

Colonisation du Congo : (1867-1885)

Le roi des Belges, Léopold II, qui rêvait d'un empire en Afrique, créa en 1876 l'Association Internationale du Congo (AIC), nom adopté en 1883, et chargea Stanley de mission.

État indépendant du Congo : (1885-1908)

En 1885 fut créé par les puissances européennes réunies à la conférence de Berlin l'«État indépendant du Congo» (EIC), propriété personnelle du roi des Belges, Léopold II.

A la fin du XIXe siècle, le roi Léopold II de Belgique a précipité des millions de Congolais dans un esclavage d'une rare brutalité. Savez-vous qu’un tribunal fictif le confronte aux témoins à charge pour reconstruire cette page particulièrement sombre de l'histoire coloniale ?

Congo belge : (1908-1960)
En 1908, Léopold II, discrédité par les scandales soulevés en Belgique par la révélation des atrocités commises sous son autorité par les compagnies coloniales, fut contraint d'abandonner l'EIC à la Belgique.

Dans les années 1950, l'opposition se politisa. En 1956 parut le Manifeste de Conscience africaine, rédigé par un groupe d'«évolués» qui réclamait l'indépendance. L'exemple des colonies françaises qui, tels le Sénégal et, plus près, le Gabon, accédèrent à la souveraineté en 1960, entraîna rapidement le Congo belge dans la bourrasque d'une indépendance qui n'avait pas été préparée. Le 30 juin 1960, Indépendance réclamée à cors et à cris par l’ABAKO, le CONAKAT, le MNC, …
1ère République : (1960-1965)

Cette période a été la plus décisive pour la nouvelle classe politique congolaise inexpérimentée, le pouvoir est passé des personnes à des collèges, et vice versa.
2ème République : Zaïre (1965-1996)

C’est le règne dictatorial de douloureuse mémoire de Mobutu.
Première guerre du Congo : (1996-1998)

Faut-il noter que cette guerre a été importée du Rwanda voisin où venait de se produire en  1994 le génocide de triste mémoire. Une rébellion armée massivement soutenue par le Rwanda et l'Ouganda éclate dans le Sud-Kivu et permet à Laurent Désiré Kabila de prendre le pouvoir.
Deuxième guerre du Congo : (1998-2003)

Les alliés d’hier deviennent des ennemis, division du pays en entités selon les intérêts et les influences des belligérants. Dans la foulée, Kabila père est assassiné et cède la place à Kabila fils.
Gouvernement de transition : (2003 à nous jours)

Après autant des rounds des négociations, on fonde un gouvernement de transition et un « espace présidentiel » de 5 présidents.

 

La Belgique au Congo : appréciation d’un Congolais :

 

Lors de l'indépendance (1960), la RD Congo connaissait  une certaine avance industrielle sur ses voisins: savonneries, margarineries, industries textiles, fabriques de chaussures, brasseries, briqueteries... Elle disposait également de 30 centrales hydroélectriques, d'un réseau ferroviaire (mis en place à partir de 1898), d'un réseau routier et de trois aérodromes internationaux.

Mais les cerveaux n’ont pas été suffisamment préparés pour assumer ces responsabilités, il suffit de comparer le Congo aux colonies Françaises ou Britanniques.

Plusieurs Congolais, aujourd’hui, sont de l’avis du plan Van BULSEN énoncé en 1955 qui proposait la formation progressive de cadres congolais sur 30 ans ce qui ramenait l’indépendance à 1985.

D’aucuns pensent qu’à cette date, les Congolais seraient plus éduqués, plus responsables, plus patriotes, …

D’autres encore soutiennent que le Belges n’avaient jamais rêvé quitter le Congo (le pays où coule le lait et le miel), raison pour laquelle ils n’avaient pas préparé une élite digne, les congolais étant voués à la servitude.

De 1960 à nos jours, sous diverses formes et par diverses stratégies, la Belgique a donc conservé une main mise sur les affaires congolaises, ce qui n’était pas du reste reprochable tant que cela concourrait au bonheur des congolais.

Fort malheureusement, vu les faits, on est forcé à croire que la Belgique a échoué sa mission de colonisation (éducation, modernisation, acculturation, …) ; par contre elle l’a très bien réussi sous une autre forme (exploitation des richesses).

           Innocent Matabaro Chishugi  District Scout de la Ville de Bukavu  RD Congo

 

 

 

Comparaison entre les deux Etats : 

 

Dénomination

RD Congo

Belgique

Drapeau

Capitale

Kinshasa (ancienne Léopoldville)

Bruxelles

Indépendance

30 juin 1960 de la Belgique

1839 des Pays-Bas

Fête nationale

30 juin

21 juillet

Grandes villes

Lubumbashi, Mbiyi Mayi, Kananga, Kisangani, Likasi, Kalémié, Bukavu, Kamina, Kikwit, Matadi, Mbandaka

Anvers, Gand, Charleroi, Liège, Bruxelles

Superficie

2.345.409 km2 (12ème du monde et 3ème d’Afrique), 80 fois le territoire Belge

30.528 km2 dont 6,2 % d’eau (135ème du monde)

Population

55.225.478 hab (projection 2004, 23ème  du monde)

10.511.382 hab (77ème du monde)

Densité

24 hab/ km2

342 hab/ km2

Urbanisation

30 % de la population

96,5 %

Espérance de vie

54 ans

79 ans

Religion

72 % des chrétiens dont  Catholiques (95 %), Autres (5%)

Catholiques 75%, Protestants et autres 25%.

PNB/hab

700 $ US (2004)

28.750 $ US  (2006)

Economie

agriculture 55 %, industrie 11 %, services 34 %

 

Cultures

Café, huile de palme, caoutchouc, coton, arachide, maïs, manioc, cacao, thé, banane plantain, …

Betteraves, pommes de terre, maïs, blé,

Seigle, orge, avoine, légumineuses

Minerais

Diamant, cuivre, cobalt, or, zin, manganèse, coltan,…

Etain, plomb, cuivre, charbon,…

Education

6,1% du PNB

9% du PNB

Langue officielle

Français

Français, Néerlandais et Allemand

Langues nationales

Kiswahili, Tshiluba, Lingala et Kikongo

Français, Néerlandais, Allemand, patois

Régime politique

Présidentiel

Royaume, monarchie constitutionnelle

Devise nationale

Paix-Justice-Travail (lors du MPR) et aujourd’hui Démocratie-Justice-Unité

L’union fait la force

Monnaie

Il a eu le Franc Congolais, Le Zaïre, Le Nouveau Zaïre puis le Franc Congolais (500Fc= 1 $ US)

Il y a eu le franc belge,

Euro (EUR)    (5 Fc = 1Fb)

Hymne national

Il a chanté successivement, La Brabançonne, Débout congolais, La Zaïroise et puis Débout Congolais.

La Brabançonne

La Marseillaise (Liège)

Région

Afrique Centrale (hémisphère sud)

Europe de l’ouest (hémisphère nord)

Fuseau horaire

UTC+1 (à l’ouest) et +2 (à l’Est)

UTC+1 (été +2)

Domaine Internet

.cd

.be

Indicatif téléphonique

+243

+32

Climat

Tropical humide

Tempéré humide influence Gulfstream

Saisons

Sèche et pluvieuse

Hiver, printemps, été, automne

Température ambiante

Entre 27°C et 18°C selon les saisons

Entre -30 et +35 (extrêmes possibles)

Végétation/Flore

Tropicale (forêt dense, savane, …)

Polders, collines, bocages, forêts

Point culminant

Pic Margherite (5 109 m).

Baraque Fraiture ( 583 m)

Cours d’eau

Fleuve Congo (4.640km) et autres

Escaut, Meuse, Canaux,

Lacs

Albert, Edouard, Kivu, Tanganyika, Mai-ndombe, Tumba, Upemba, Kisale, Kabumba.

Lac d’Hoofstade, étangs de Virelles,

Lacs artificiels…

Faune

Très riche en espèces animales (éléphants, gorilles, buffles, chimpanzés, hippopotames, okapis, lions, léopards, girafes, zèbres, loups,  hippopotames, chimpanzés, gorilles de la montagne, …) dans 7 parcs nationaux (Kahuzi-Biega, Maiko, Upemba, Kundelungu, Salonga, Garamba, Virunga)

Renards,  cerfs, biches, daims, sangliers,

Blaireaux, castors, poissons de rivière,

Buse, perdrix, lièvres, pie, corbeaux,

Zoo d’Anvers, Zoo de Meli, Zoo de Bellewaerde

Voisins

Congo Brazza, République Centrafricaine, Soudan, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie, Zambie et Angola

France, Angleterre, Hollande , Allemagne, Luxembourg

 

 

Enjeux des élections, vers une aire nouvelle :

  

En décembre 2004, parlant de la RD Congo, l’Obsac écrivait avec une ironie péjorative : « transition vers le chaos ». Pour prouver à ces journalistes et à l’opinion  internationale que l’impossible n’est pas congolais, tout le peuple et la classe politique bousculée par une communauté internationale presque à bout de souffle se sont levés comme un seul homme pour participer massivement à l’enrôlement des électeurs le 20/06/2005, le référendum constitutionnel le 18 et 19/12/2005 et le scrutin présidentiel et législatif le 30/07/2006. Ces élections dont le budget était évalué à 680 millions d’Euros ont été considérées comme ‘la

plus grosse fête électoraliste de l’histoire’ parce que organisées sur un territoire à la superficie d’un continent et où les infrastructures routières sont quasi inexistantes.

Quelques chiffres :

25,6 millions d’électeurs

169 circonscriptions électorales pour 145 territoires et 21 villes

33 candidats présidents de la république

9.406 candidats députés nationaux pour 500 sièges.

10.500 candidats députés provinciaux pour rien que 690 sièges.

50.000 bureaux de  vote au scrutin contre 31.000 au référendum constitutionnel

1870 tonnes de bulletins de vote

260.000 agents de vote formés dans 333 centres de formation

1.008 instructeurs de la Police pour former 24.860 policiers territoriaux.

Plus de 300 observateurs de l’Union Européenne sous la direction du Gl Français Philippe Morillon, membre du parlement Européen.

Il n’a pas été facile pour ce peuple aussi inculte en la matière d’affronter la réalité des élections. La Commission Electorale, la Société Civile, l’Eglise (majoritairement catholique) et toutes les forces vives ont fourni beaucoup d’efforts pour la sensibilisation de la population.

Pour confondre les prophètes de malheur, le 1er tour s’ est passé dans le calme ; pour une première expérience, le déroulement n’a pas été à plaindre.

Le 2ème qui s’annonce beaucoup plus facile (2 candidats contre 33 au premier tour) se tiendra le 29/10 courant. Le dernier congolais électeur a compris pourquoi voter, qui voter et comment voter ; trois questions essentielles sur lesquelles étaient basées les sensibilisations.

Surtout, et c’était cela l’essentiel, ils ont compris que le destin de la RDC sera fait de ces élections.

Après ces élections, une nouvelle ère se dessine pour le Congo. Ça s’annonce bien comme dirait le poète.

On n’avait jamais vu la Belgique manifester autant d’intérêt envers le Congo.

Depuis pratiquement 2000, il ne se passe plus trois ou six mois sans q’une délégation d’hommes d’affaires ou politiques Belges (de la Flandre ou de la Belgique Francophone) visitent la RDC : Louis Michel en tête, Anne-Marie Lizin, Armand De Decker, André Flahaut, Karel de Gucht, …

Assiste-t-on à un « retour en force » de la Belgique au Congo ?

Affirme-t-on cette phrase de Louis Michel « La Belgique et les Belges se sentent redevables envers le peuple congolais, … » 

Une passion pour le Congo et les congolais ou pour des intérêts inavouables ?

Tous ces Belgo-Congolais qui sont nés ici, ont vécu ici ou ayant une partie de leur cœur ici, doivent savoir que le Congo reste une ‘terrae incognitae’ , il est toujours un continent et sa géologie reste toujours un scandale.

Les années passées ont vu le nombre de Belges vivant au Congo fondre comme neige au soleil : 110.000 durant la colonisation, 70.000 en 1960, 16.000 en 1980 et plus ou moins 3.000 à ce jour ; c’est peut-être l’occasion de revenir au pays.

Le Congo a toujours besoin d’une amitié sincère, d’un échange exempte du ton colonial et paternaliste.

Il y  fait bon  vivre disent ceux qui y ont été !

 

Voir aussi :

 

La Belgique au Congo : http://www.urome.be/fr/belcon.htm ou encore http://www.cobelco.org/

 

Tout sur la RD Congo : http://www.africa-onweb.com/pays/congodemocratique/histoire.htm

 

Informations du Congo au jour le jour : www.digitalcongo.net/

 

Autres sites et pages sur la RD Congo (non exhaustif) :

http://www.macc-drc.org/situationpage.htm

 

www.congonline.com/

 

http://www.actucongo.com/

 

Et si vous en voulez encore allez ici http://www.atol.be/port/rdc/RDClinks.htm

 

Innocent Matabaro Chishugi  District Scout de la Ville de Bukavu  RD Congo